Samedi 22 novembre 2008 6 22 /11 /Nov /2008 14:09
Ceci va rappeler de nombreux souvenirs à ceux qui, comme moi, sont déjà partis en « colo ». Pour ma part, ce sont des souvenirs heureux : pas de parents sur le dos, l’indépendance, les premiers petits copains… Pourtant, l’aventure aurait pu me laisser un bien mauvais souvenir. La première fois que je suis partie en colonies de vacances, j’avais seulement huit ans. A l’époque, j’habitai à Rodez mais j’avais dû me déplacer jusqu’à Toulouse pour prendre le bus pour le centre de vacances des Angles, dans les Pyrénées. Je me souviens que ma mère m’avait acheté du jus de papaye et des gâteaux forts goûteux pour le trajet. Malheureusement, j’étais malade en bus, et je n’avais donc pas pu profiter de mon festin, trop occupée à fixer la route pour éviter de rendre mon petit déjeuner. Je partais donc pour la première fois sans mes parents au Angles pour apprendre le ski. Je ne connaissais personne et j’étais plutôt timide. Heureusement, à ma grande surprise, je retrouvais un vieux camarade (il avait 10 ans), le fils d’amis de mes parents, que je n’avais pas vu depuis 2 ou 3 ans. J’étais donc rassurée. Au cours du séjour, je me faisais quelques amis qui me surnommaient « Pocahontas » à cause de mes tresses et de mon teint mat. Pour le moment, vous allez me dire que rien n’aurait pu me traumatiser au point de me laisser un mauvais souvenir. J’y viens. Après trois jours de pratique, je commençai à peine à maîtriser les rudiments du ski (c’est-à-dire le chasse neige), quand le pire m’arriva (voix off au ton grave, façon reportage choc, et musique qui fait peur). Je faisais parti du groupe débutant (les nuls). Il devait être 11h45 environ. La monitrice voulait nous faire faire une dernière descente, la plus ardue : une piste bleue ! Nous attendions donc devant la remontée mécanique, plus communément appelée « tire fesse ». Vous savez cette chose que l’on doit se mettre entre les jambes pour grimper une montée plus vite. Enfin, plus vite, ça dépend pour qui. Pas pour moi apparemment. Pendant la file d’attente, je me faisais doubler par, disons, quinze personnes. Ce qui me plaçait dernière de mon groupe. Plus tard, sur le tire fesse, je me concentrais afin de rester debout jusqu’à la fin de la remontée, pas si évident pour une empotée telle que moi. Pourtant, ô miracle, j’arrivais à destination sans embûches. Mais là : personne. Où étaient donc ma monitrice et mes camarades ? Je me demandai alors si, comme à mon habitude, je n’étais pas descendue trop tôt de la remontée mécanique. En effet, il y avait une autre piste plus haut. Je commençai donc une ascension lente et fastidieuse, sur … 10 mètres. J’arrivai enfin à la fin de mon périple, heureuse, pensant retrouver mon groupe perdu. Mais non, toujours personne. Grande inquiétude : mais où sont-ils tous ???? Pour en rajouter à mon malheur, je me trouvais au sommet d’une piste rouge. Imaginez le résultat si je me risquais à sa descente vu mon piètre niveau. Je décidai donc de revenir sur la première piste : la bleue. Je n’avais plus le choix. Je devais prendre mon courage à deux mains…tout en restant sur mes deux pieds. Je devais descendre cette piste redoutablement bleue toute seule, bien que je ne me sois jamais mesurée à ce niveau. Je m’élançais sur cette étendue blanche et glacée. Je ne savais pas où j’étais ni où se trouvait la station, mais mon courage me guidait (tatatan !!). Après plusieurs chutes dignes des zappings spécial gadins, j’arrivais enfin à la station. Bien sûr, il n’y avait toujours personne. Je commençais à désespérer. Je trouvais alors refuge sur un petit rocher fort inconfortable pour les fessiers et attendais. Cela devait faire bientôt une demi-heure que je patientais en essayant de garder mon calme. En vain. De grosse gouttes commençaient à ruisseler sur mes petites joues rondes. Je me sentais abandonnée. Deux policiers passèrent près de moi, sans me voir. On se demande bien à quoi ils peuvent servir des fois. Une petite fille de huit ans, toute seule, qui pleure, et rien ne les interpelle ? Je m’apprêtais à les rejoindre quand surgit d’une Twingo rose bonbon, la monitrice et une de ses collègues. Son visage était particulièrement marqué par l’angoisse. Je ne sais pas si c’était parce qu’elle s’inquiétait pour moi ou pour son emploi mais elle fût vraiment ravie de me retrouver. La mésaventure terminée, on me ramenait auprès de mes camarades. C’était eux qui avaient signalé mon absence. Sans eux, on ne s’en serait peut-être pas rendu compte avant un bon moment. J’aurais sûrement dû être traumatisée par cet événement abominable. Pourtant, j’ai redemandé à retourner en « colo », sûrement mon côté masochiste… Ceci dit, j’ai vécu de nombreuses aventures en colo :une randonnée de deux jours à -15°, une bataille de bouses de vaches, un bain dans un lac perché à 1000m, des virées nautiques en 42O avec une partenaire qui demandait après sa mère en hurlant, etc, etc… Je me suis fait beaucoup d’amis : « Gobelet », « Maïté »… Je me demande d’ailleurs ceux qu’ils sont devenus. J’ai appris les pires chansons paillardes qui soient, entendu le pire rôt qui existe. Ma sœur et moi l’avions surnommé le « rôt Lion ». On a assisté à une poursuite singulière dans les couloirs du centre de vacances : un gros garçon en serviette de bain courrait après un de nos copains avec une latte de matelas, jurant qu’il allait le tuer. La serviette de l’enragé avait glissé dans sa course, nous arrachant un cri d’horreur. Oui, que de bons souvenirs mais des souvenirs révolus à jamais (quelle fatalité !). J’aurais de nombreuses histoires à raconter. Ma petite Garance s’en souvient sûrement. Mais il faut bien se garder un petit jardin secret. En tout cas, c’est une période que je ne regrette pas d’avoir vécu et que je revivrais sans hésiter si je le pouvais.
Par Gabrielle merie - Publié dans : Chroniques
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Commentaires

oh ma pauvre,ça du etre pénible pour toi d'attendre toute seule.heureusement pour la monitrice que t'es pas allé voir la police.
Commentaire n°1 posté par asmaa le 08/09/2009 à 19h13
oh ma pauvre,ça du etre pénible pour toi d'attendre toute seule.heureusement pour la monitrice que t'es pas allé voir la police.
Commentaire n°2 posté par asmaa le 08/09/2009 à 19h14

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